Séminaire programme II: Biodiversité, changement climatique et adaptation des sociétés

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Mardi, 19 Décembre 2017

Séminaire du programme II ("Dynamique des écosystèmes")

"Biodiversité, changement climatique et adaptation des sociétés"

mardi 19 décembre à 14h

GREThA - salle F340

 

3 intervenants:

Emeline Hily
Université de Lorraine (BETA -UMR UL CNRS) et Laboratoire d'Economie Forestière, UMR INRA AgroParisTech
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Cost-effectiveness of conservation payments under climate change

Climate change is expected to be one of the key threats for biodiversity conservation in this century. Conservation literature has pointed to the inadequacy of current biodiversity conservation practices relying predominantly on static approaches and showed the need to develop “climate-proof” conservation strategies. However, this debate has taken place largely in the conservation planning literature so far and ignored incentive-based conservation policy instruments such as conservation payments. Our general understanding is thus poor about how should conservation payments be designed so that they can contribute to biodiversity conservation under climate change in a cost-effective manner. In this work we develop an ecological-economic model and investigate the cost-effectiveness of various payment design options involving varying degrees of payments’ differentiation and targeting in a landscape whose dynamics is driven by climate change, while considering the impact of changes in key economic and ecological parameters. We provide the first comparative cost-effectiveness analysis of conservation payment designs in a changing climate on a conceptual level. Our results demonstrate the significant cost-effectiveness gains enabled by payments’ differentiation and targeting for biodiversity conservation under climate change. Moreover, we demonstrate the existence of connectivity/area trade-offs under climate change. The cost-effectiveness performance of targeted payments compared to untargeted differentiated payments increase with a decreasing species dispersal ability but decrease with decreasing climate stability in the landscape.

Anne-Charlotte Vaissière
Ecologie, Systématique, Evolution, CNRS, AgroParisTech, Université Paris-Sud, Université Paris-Saclay :

Adapter nos sociétés aux dynamiques et échelles de la nature.

Les politiques publiques de protection de la nature peinent à intégrer certaines particularités de la biodiversité comme son caractère dynamique, notamment dans un contexte de changement global, et les échelles spatio-temporelles auxquelles elle évolue. La compensation écologique des atteintes portées à la biodiversité est un objet de recherche pertinent pour questionner l’adaptation de notre société aux particularités de la nature. Je m’intéresse à l’émergence et l’évolution des organisations et institutions dédiées à la mise en œuvre de la compensation écologique en tant que sous-système opérant dans des systèmes socio-écologiques terrestres et marins dans différents pays. D’abord, je discuterai le besoin d’adaptabilité et de transformabilité des systèmes socio-écologiques pour prendre en compte le caractère dynamique de la nature. Puis, j’analyserai le décalage entre les échelles d’action de conservation des mesures compensatoires et les échelles temporelles et territoriales humaines. Enfin, je proposerai de sortir du cadre des organisations institutionnalisées et de s’intéresser aux auto-organisations pour la compensation écologique dans le cadre des espaces naturels urbains et péri-urbains.

Jérôme Pélenc
Université Libre de Bruxelles, Centre d'étude du développement durable :

Evaluation non-monétaire des services écosystémiques :
perspectives et limites de l'approche par les capabilités et les besoins humains fondamentaux.

Depuis une dizaine d’année, l’approche monétaire des services écosystémiques domine la littérature scientifique ainsi que les politiques publiques de conservation. Or, cette approche est de plus en plus critiquée tant au niveau de son opérationnalisation (question méthodologique) que sur le plan conceptuel, voire éthique. Le but de cette communication est de proposer une méthode non-monétaire d’évaluation des services écosystémique qui se base à la fois sur l’approche par les capabilités et sur l’approche par les besoins humains fondamentaux. Tout d’abord nous rappelons brièvement les limites de l’évaluation monétaire pour ensuite présenter un bref panorama des approches non-monétaires. Nous continuons par la description de notre cadre théorique innovant qui permet de prendre en compte la multidimensionnalité de l’environnement d’un côté, et celle du bien-être humain, de l’autre. Ensuite, nous présentons plusieurs cas d’applications expérimentales de ce cadre. Nous concluons à travers l’identification de futures pistes de recherche pour le développement des approches non-monétaires.

 

Documents joints  

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e_hily_2017.pdf1.24 Mo